À Kinshasa comme dans tant d'autres villes à travers le monde, voir des déchets plastiques partir en fumée à ciel ouvert fait presque partie du paysage. C'est souvent perçu comme le moyen le plus simple et le plus rapide de se débarrasser de l’encombrement quotidien.
Pourtant, ce geste en apparence anodin cache une réalité redoutable : le feu transforme ces matières en un nuage de fumées toxiques qui empoisonne notre atmosphère et accélère le dérèglement climatique.
Le problème est d'une ampleur vertigineuse, puisque ce sont près de 29,9 millions de tonnes de plastique qui finissent ainsi consumées chaque année, d'après une étude publiée par la revue Nature. Si l'on regarde l'ensemble de son cycle de vie, le plastique a généré en 2019 près de 2 milliards de tonnes d’équivalent CO₂, soit environ 3,5 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, selon l'OCDE. Pour ramener ce constat à notre échelle, il faut savoir qu'un seul petit kilogramme de plastique brûlé libère environ 2,894 kg d’équivalent CO₂.
Mais le dioxyde de carbone est loin d'être le seul coupable. En brûlant, ces déchets libèrent un cocktail de substances invisibles et redoutables, à commencer par le carbone noir et des particules fines. Ce carbone noir représente une menace climatique si lourde qu'elle peut rivaliser avec les émissions de secteurs pourtant montrés du doigt, comme l'aviation. C'est un poison insidieux pour la planète, mais c'est aussi un danger direct pour l'air que nous respirons tous les jours au coin de notre rue, alourdissant les risques pour notre santé respiratoire.
Face à cette menace, le temps est venu de bousculer nos habitudes et de tourner définitivement le dos à ces pratiques destructrices. La transition vers un air plus pur commence par des choix du quotidien, qu’il s’agisse de refuser le superflu, de trier ou de cesser enfin de jeter ses déchets dans le feu.