19 octobre 2026

Fiscalité carbone en RDC: Comment concilier climat, justice sociale et climat des affaires ?

Actualité

Par Déborah Kabuya

Une taxe carbone peut-elle réellement réduire les émissions en République démocratique du Congo sans fragiliser les ménages vulnérables ni pénaliser les entreprises ? C’est la question au cœur de la réflexion de Dr Claude Boyoo Itaka, de l’Observatoire Géopolitique et Social de Transition Carbone, consacrée à la faisabilité de la fiscalité carbone en RDC.

L’enjeu est de taille : une politique climatique ne peut être efficace que si elle tient compte des réalités économiques, sociales et institutionnelles du pays.

En RDC, les émissions sont notamment liées à la déforestation, à l’utilisation du charbon de bois et à certaines pratiques de gestion des déchets. Dès lors, appliquer une taxe sans tenir compte des causes de ces émissions ni proposer d’alternatives accessibles risque d’alourdir les charges des ménages et des entreprises sans garantir une réduction significative de la pollution.

La priorité est donc de comprendre où se produisent les émissions, quels acteurs peuvent les réduire et quels moyens leur permettraient d’y parvenir.

Cette réflexion ouvre également une perspective économique : passer d’une logique de pénalisation à une dynamique de création de valeur.

L’économie circulaire, l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables, l’agroforesterie et la valorisation des déchets constituent des pistes à explorer. À Kinshasa, l’Initiative Zéro Émission Plastique 2030 (ZÉRO30) s’inscrit dans cette dynamique en encourageant la récupération et la valorisation des plastiques.

Certains projets peuvent générer des crédits carbone, à condition de démontrer des réductions ou des absorptions d’émissions mesurables et vérifiables. Toutefois, ces crédits ne remplacent pas automatiquement les obligations fiscales et environnementales.

Avec l’Ordonnance-Loi n° 26/016 du 7 septembre 2026 portant régime juridique du marché du carbone, la RDC dispose d’un cadre à prendre en compte dans cette réflexion. Sa mise en œuvre doit s’accompagner de règles claires, de capacités de contrôle adaptées et d’une attention particulière aux effets sociaux.

La question n’est donc pas seulement de taxer le carbone, mais de concevoir une politique capable de réduire les émissions, d’encourager l’investissement et de préserver le pouvoir d’achat.

C’est ce débat que la CCIFC et C&S Expertise proposent d’ouvrir lors de leur AfterWork consacré aux enjeux du marché carbone en RDC.

Infos de Contact

© 2024 C&S Expertise. Tous droits réservés.